Conseils aux parents et amis de membres de secte
(sur base de témoignages).
1. Ne vous culpabilisez pas
L'expérience enseigne que les intéressés se sentent responsables du fait qu'un membre de leur famille, une connaissance, ait adhéré à une secte. C'est, de votre part, une attitude compréhensible, mais pour le moment, il est plus utile de consacrer votre énergie à garder le contact avec l'adepte.
2. N'exprimez pas vos plaintes, ne versez pas de larmes en présence de l'adepte. Ces groupes fonctionnent en effet avec une cadre de pensée en noir et blanc : aux yeux de tels groupes, leurs membres sont heureux et ceux qui sont à l'extérieur sont malheureux. Si vous vous mettez à vous lamenter et que vous donnez de vous une image de tristesse en présence de l'adepte, vous apportez du poids à la théorie du groupe.
3. Ne culpabilisez pas l'adepte :
Là aussi le cadre de pensée en noir en blanc joue un grand rôle. En effet, eux, ce sont les bons et tout ce qui est contre eux est mauvais. Selon le groupe, l'adepte travaille pour la "bonne cause". Si vous vous mettez à culpabiliser ou à prendre à partie l'adepte qui consacre tous ses efforts à la "bonne cause", vous vous placez vous-même dans la catégorie des "mauvais". Cela ne va pas faciliter la relation entre vous et l'adepte. Au contraire, une telle attitude pout conduire à une rupture dans votre relation.
4. Ne délaissez pas vos autres relations pour vous concentrer seulement et uniquement sur l'adepte.
5. Soyez organisé :
- observez quels changements se sont produits en peu de temps dans le comportement de l'adepte.
- comment il (elle) est-il (elle) entré(e) en contact avec ce groupe ?
- notez les conversations, adresses, téléphones, ... qui ont leur importance.
En bref, tenez une sorte de journal.
6. Prenez des informations
- qui dirige le groupe ?
- tâchez de trouver des livres et des documents sur le groupe en question.
- lisez des livres démontant les manipulations et les supercheries (voir des références sur ce site).
- placez-vous au niveau des théories de ce groupe précis, apprenez leur logique et cherchez la faille dans leurs raisonnements.
7. Parlez avec des personnes qui sont dans des situations semblables (parents, conjoints, amis ou ex-adeptes) dans la mesure où cela peut vous aider à surmonter le problème. Au besoin, faites appel à l'aide de professionnels.
8. Quelques "tuyaux" qui peuvent vous aider dans vos relations avec l'adepte d'une secte
- parlez beaucoup d'amour.
- parlez souvent du passé, faites remonter à la surface des souvenirs anciens.
- donnez des nouvelles de la famille, gardez un ton intime et chaleureux.
- montrez-vous patient.
- ne commencez pas vous-même une discussion.
- n'attaquez pas les conceptions du groupe.
- ne vous exprimez pas en termes abstraits, n'employez pas le mot "secte".
- ne donnez pas d'argent.
- maintenez autant que possible un contact (par exemple, par des lettres, une carte d'anniversaire).
9. Que faire si, de lui-même, l'adepte commence à parler de ses convictions ?
La réponse varie d'une situation à l'autre et dépend de votre perception des choses. Voici quelques exemples :
ex.1. Si l'adepte commence à parler et que vous remarquez que son unique objectif est de vous convaincre, efforcez-vous alors de couper court à la conversation de la manière suivante : "tu as tes propres convictions, c'est normal, mais j'ai les miennes et donc poursuivre cette conversation ne présente que peu d'intérêt". Dites-le sur un ton amical.
ex 2. Si l'adepte entame la conversation et que vous remarquez qu'il / elle désire s'exprimer parce qu'il / elle se pose des questions, essayez alors que la conversation prenne la tournure suivante : "je sais que tu as des convictions bien définies, mais moi, je vois les choses ainsi". Expliquez alors avec réalisme comment vous envisagez les choses. Restez patient, amical et compréhensif. Si vous sentez que la conversation commence à vous échapper et tourne à l'affrontement, mettez-y fin.
ex 3. Si l'adepte se met à parler et que vous remarquez qu'il / elle éprouve de sérieux doutes, essayez de joindre quelqu'un qui puisse parler avec l'adepte sur la manière dont on peut se laisser manipuler. Cet interlocuteur peut être vous-même dans la mesure où vous avez pu maintenir une bonne relation avec l'adepte de la secte. Il est généralement préférable que les parents, par exemple, n'engagent pas cette discussion du fait que les rapports parents - enfants ne constituent pas en eux-mêmes une forme de relation très simple. Tout ce qui figure au point n° 9 ne constitue qu'une ligne directrice qui ne "marche pas à 100 %". Le feeling joue ici un très grand rôle.
10. Vous constatez que l'adepte fréquente le groupe moins souvent qu'auparavent.
Là aussi votre "feeling" joue un grand rôle. Ligne de conduite : ne posez pas de question à ce sujet à l'adepte. Faites comme si de rien n'était. Si il / elle commence de lui / elle-même à parler, réagissez comme indiqué au point n°9.
11. L'adepte quitte le groupe.
Ce que vous ne devez sûrement pas faire, c'est de l'incriminer de la manière suivante : "tu m'en as fait voir" ou "tu m'as fait beaucoup de peine". En effet, chaque personne a sa fierté et n'admet pas de gaîté de coeur d'être confronté à ses "erreurs" du passé. Une telle attitude de votre part ne fait d'ailleurs que développer des sentiments de culpabilité chez l'ex-adepte. Il vaut beaucoup mieux parler de ce qui s'est passé sur une base réaliste.